Oligui Nguéma possible candidat à la fin de la transition ? (Tribune libre)

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Le coup d’Etat salvateur du 30 Août dernier, fut salué et accueilli dans une liesse populaire. Le peuple, dans son ensemble à Libreville la capitale, dans les huit (08) autres provinces de l’intérieur du pays et à l’étranger, a célébré cette libération en communiant avec les forces de défense et de sécurité en se rendant massivement à la prestation de serment du nouvel homme fort de Libreville, le Général de brigade Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.

Ce dernier, porté à la tête du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a clairement défini les priorités dudit comité :

-Le rétablissement de la dignité des Gabonais,

-La tenue d’assises avec toutes les forces vives pour élaborer une nouvelle Constitution basée sur celle de 1991,

-La mise en place d’une Assemblée Constituante, la formation d’un gouvernement de transition en collaboration avec les forces vives,

-La tenue d’un référendum pour l’adoption de la nouvelle constitution, la révision de la loi électorale et l’organisation d’élections distinctes (présidentielles, législatives et locales).

Une Charte de la Transition a été publiée au journal officiel le 04 septembre 2023 d’une part, les différentes rencontres et consultations diverses ont permis la formation d’un gouvernement de Transition constitué de toutes les forces vives de la nation d’autre part ; ceci dans un souci de cohésion et d’unité nationale.

Deux points majeurs retiennent l’attention des Gabonais et suscitent quelques interrogations : Combien de temps va durer la transition ; le Président de la transition sera-t-il candidat ?

Sur la première interrogation, force est de constater que tous les acteurs (politiques, société civile…) s’accordent sur une période moyenne allant de 12 mois minimum à 36 mois maximum. Il semble évident, pour tous, que les chantiers sont si vastes qu’une refondation profonde des Institutions et la révision des lois en vigueur par le Parlement de la transition devra prendre le temps nécessaire afin d’établir des bases solides et incontestables. Sur ce point, la durée de la transition pourrait dépendre de l’importance des aspects de gouvernance à corriger et tenir compte de la capacité des populations à se réapproprier une nouvelle culture de changement véritable. Nous sommes face à ce qui pourrait être assimilé à une course de fond et non à une course de vitesse ; tant les questions évoquées dans le Préambule de la Charte de la Transition constituent en elles-mêmes tout un programme politique, même si leur résolution s’étendra au-delà de la période de la transition.

Le second point par contre est l’objet de toutes les spéculations, tant l’homme inspire tous les espoirs pour les uns et des inquiétudes pour les autres. Si l’homme fort du 30 août 2023 a été plébiscité aussi bien par les militaires que par les acteurs politiques et le peuple gabonais, il ne fait aucun doute que le Général de brigade ne cesse de surprendre par la tenue d’un agenda cohérent dans la mise en place des institutions de la transition ; la prise des décisions sur des questions pour lesquelles les gabonais étaient désespérés que par sa capacité à prendre contact avec toutes les catégories des forces vives de la Nation.

Les décisions prises entre autres par le CTRI (interdiction de vente de terrains aux étrangers, réactivation de la Task force sur la dette publique, mise en place du Parlement de transition…) rencontrent un franc succès auprès des populations ; car, celles-ci s’impatientent de les voir se matérialiser dès leurs annonces. Une espèce de restauration du contrat de confiance entre les dirigeants et le peuple gabonais. La feuille de route transmise au Premier ministre de la transition en fait foi.

Si l’arrivée du Général de brigade suscite des inquiétudes pour certains gabonais, il faut reconnaitre que cette catégorie ne représente qu’une minorité. Et en démocratie, le principe de la majorité permet d’apprécier la qualité de la gouvernance et conduit le peuple à choisir librement des dirigeants qui incarnent véritablement ses aspirations.

Si les objectifs fixés par le Comité pour la transition sont atteints à la fin de la présente transition, ce qui n’est pas impossible, le choix évident serait que cette catégorie des gabonais continuent à présider aux destinées du Gabon. Ceci en prenant toutes les dispositions constitutionnelles possibles. Un référendum serait le procédé adéquat. Il pourrait être proposé par le Gouvernement ou conjointement par les deux (02) Chambres du Parlement.

Ainsi, on pourrait se demander si l’homme à la tête du Conseil national de Transition ne serait-il pas en droit de poursuivre son œuvre de reconstruction après ladite transition ?

En effet, la nouvelle constitution devrait être calquée sur celle de 1991 afin de garantir la solidité des nouvelles Institutions. Celle-ci dans le Titre II Du Pouvoir Exécutif définie les prérogatives “Du Président de la République”.

Le Général de Brigade Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA devrait pouvoir assumer cette charge en tant que citoyen ayant garanti les libertés fondamentales du peuple et ayant joué un rôle d’arbitre durant la période de transition.

A quel titre ne pourrait-il pas se proposer aux Gabonais comme homme politique d’envergure et non plus se limiter au rôle transitoire de garant de la mise en place des Institutions Républicaines ? L’exemple du ghanéen Jerry John RAWLINGS en est une démonstration. A contrario, la triste fin de Robert MUGABE, héro de la libération du Zimbabwe peut être une source d’inspiration. L’histoire ne ment pas.

Selon une Tribune libre de Luc MADAMA BOUYELA, ingénieur gabonais pour gabonactu

Luc Madama Bouyela © DR

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