Gabon: Le taux d’endettement passera de 64,7 % du PIB en 2021 à 55,7 % en 2023 (Fitch Ratings)

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Le 5 août dernier, Fitch Ratings, l’agence de notation financière américaine, a revu à la hausse les perspectives de notation de défaut à long terme en devises étrangères (IDR) du Gabon, passant de stables à positives, tout en confirmant l’IDR à «B-». Ce rapport met en lumière à la fois les faiblesses et les atouts de l’économie gabonaise.

Parmi les points à améliorer, l’agence de notation souligne les lacunes persistantes dans la gestion des finances publiques (GFP) du Gabon ainsi que le ralentissement des réformes structurelles, y compris celles du programme du Fonds monétaire international (FMI), suscitant des doutes quant à la capacité du pays à réduire les risques associés à la gestion des finances publiques.

Quant à la note attribuée au Gabon, «B-», elle reflète un PIB par habitant élevé dans le pays. D’autres aspects tels que le ratio de la dette publique au PIB sont également pris en compte. À cet égard, Fitch estime que ce ratio continuera de baisser grâce à la hausse des prix du pétrole et à une meilleure mobilisation des revenus non pétroliers. Dans l’ensemble, l’agence prévoit qu’il passera de 64,7 % du PIB en 2021 à 55,7 % en 2023, et pourrait même atteindre 53,3 % en 2025 selon leurs analyses.

En ce qui concerne les revenus pétroliers, l’agence de notation table également sur une augmentation, passant en moyenne de 36,2 % des recettes totales entre 2018 et 2022 à 38,0 % en 2023, avant de redescendre à 29,9 % en 2024 et 2025.

Par ailleurs, la collecte des recettes non pétrolières sera favorisée par la numérisation et les mesures administratives, malgré des progrès lents dans la réduction des exonérations fiscales (estimées à 2,6 % du PIB en 2022). Cependant, des incertitudes liées à un environnement international défavorable, à la volatilité des prix des matières premières et au ralentissement de l’activité non pétrolière constituent des risques susceptibles de réduire les recettes non pétrolières.

En ce qui concerne les excédents budgétaires, il est prévu qu’ils passent d’environ 2,2 % du PIB en 2022 à 0,8 % en 2023, pour continuer à diminuer en 2024 et 2025 à 0,4 % et 0,1 % du PIB, selon Fitch.

L’agence alerte également sur le risque de dérapage budgétaire en raison des élections, ce qui accroît l’incertitude quant à la trajectoire budgétaire et pourrait entraîner une augmentation des dépenses publiques ainsi que des retards dans la réduction des exonérations fiscales et des subventions.

Enfin, concernant la croissance économique, Fitch prévoit un ralentissement du PIB réel du Gabon, passant de 3,0 % en 2022 à 2,6 % en 2023. Malgré cela, l’agence anticipe une croissance moyenne de 2,8 % en 2024-2025, soutenue par les industries axées sur l’exportation et les projets d’infrastructure, notamment grâce à l’augmentation de la production pétrolière dans les années à venir.

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