Dans la sous-région, comment Malabo a saisi l’opportunité offerte par le coup d’État pour accueillir le siège de la CEEAC ?

67

Depuis le coup d’État du 30 août dernier, il y a eu un changement important concernant le siège de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Ce changement s’est opéré de manière sournoise sous le prétexte d’une délocalisation temporaire, mais Malabo a réussi à accueillir le siège de cette institution sous-régionale.

Après avoir déjà perdu l’hébergement de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC), le Gabon risque également de perdre la CEEAC. Profitant du coup d’État qui a eu lieu le 30 août dernier, survenant à la suite d’élections du 26 août jugées truquées, le président de la Guinée-Équatoriale, Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, a décidé de déplacer le siège de l’institution vers son propre pays. Cela a été rendu possible en vertu de l’article 7.3 du Règlement intérieur de l’institution, qui lui a attribué la présidence de l’organisation après le coup d’État, alors qu’elle était précédemment assurée par Ali Bongo Ondimba.

Bien que le communiqué de la 4e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenue le 4 septembre à Djibloho en Guinée équatoriale, ait mentionné une délocalisation temporaire, il semble que cela puisse évoluer autrement. Cela s’explique par le fait que l’hébergement du siège d’une institution sous-régionale ou internationale est souvent considéré comme un signe de leadership, tant pour les pays que pour leurs présidents respectifs. La rivalité prolongée entre le Gabon et le Cameroun pour l’accueil de la BVMAC illustre bien les enjeux géopolitiques liés à cette question.

En tant que doyen des chefs d’État de la sous-région, compte tenu du vide créé par le coup d’État, Téodoro Obiang Nguema Mbasogo a vu cette opportunité comme une occasion de renforcer son propre leadership en décidant de faire héberger le siège de la CEEAC dans son pays, alors qu’il avait été attribué au Gabon. Le retour de ce siège au Gabon pourrait être compliqué, surtout si les autorités de la Transition ou le futur président élu politiquement au Gabon ne parviennent pas à s’entendre avec les quatre dirigeants les plus influents de la CEEAC, à savoir Paul Biya, Téodoro Obiang Nguema Mbasogo, Denis Sassou Nguesso et Faustin Archange Touadera. L’échec de cette transaction pourrait affaiblir la position de leadership de Libreville dans la région.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici